CONTE DE NOËL

C’était à Bethléem à la pointe du jour, L’étoile venait de disparaître, le dernier pèlerin avait quitté l’étable, la Vierge avait bordé la paille, l’enfant allait dormir enfin. Mais dort-on la nuit de Noël ?

Doucement la porte s’ouvrit, poussée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme apparut sur le seuil, couverte de haillons, si vieille et si ridée que dans son visage couleur de terre, sa bouche semblait n’être qu’une ride de plus.  En la voyant, Marie prit peur, comme si ç’avait été quelque mauvaise fée qui entrait.  Heureusement Jésus dormait.

Soudain, il ouvrit les paupières, et sa mère fut bien étonnée de voir que les yeux de la femme et ceux de son enfant étaient exactement semblables et brillaient de la même espérance.  La vielle alors se pencha sur la paille, tandis que sa main allait chercher dans le fouillis de ses haillons quelque chose qu’elle sembla mettre de siècles à trouver.  Marie la regardait toujours avec la même inquiétude.

Cela dura bien longtemps. Puis la vieille femme se releva et repartit dans la nuit, comme allégée du poids très lourd qui la tirait vers la terre.  Oui, ses épaules n’étaient plus voûtées et son visage avait retrouvé sa jeunesse,

Marie put voir enfin ce qu’était son mystérieux présent.  Eve, car, c’était elle, venait de remettre à l’Enfant une petite pomme, la pomme du premier péché et de tant d’autres qui suivirent! Et la petite pomme rouge brillait aux mains du nouveau-né comme le globe du monde nouveau qui venait de naitre avec Lui.

 

D’après Jérôme et Jean Thorourd

Prier Décembre 2008